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  • J-1

    Découverte du blog.

    Deux images avant départ:

    - l'intensité des ciels des Andes: cela fait un an et demi que je n'ai pas quitté Paris, j'ai oublié la saveur des étoiles!

    - les cafés de Buenos Aires.

    Dans mes bagages, pas d'ordi finalement, mais de la lecture:

    La montagne de l'âme de Gao Xingjian: l'esprit du voyage, mais en Chine.

    Les détectives sauvages de Roberto Bolano: découvrir un auteur chilien, roman polyphonique qui a l'air chouette.

    Anna Karénine: parce que je m'étais arrêtée au voyage de Mme Karénine dans le train, moment où elle tombe amoureuse.

    Les braises, de Sandor Marai.

    Et évidemment, un guide par pays: ouille mes épaules!

    Et en guise de conclusion à ce premier article, un extrait de poème de Baudelaire: "Le voyage"

    À Maxime Du Camp.


                                         I
     
    Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
    L’univers est égal à son vaste appétit.
    Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
    Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
     
    Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
    Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
    Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
    Berçant notre infini sur le fini des mers :
     
    Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
    D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
    Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
    La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
     
    Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
    D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
    La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
    Effacent lentement la marque des baisers.
     
    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
    De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
    Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
     
    Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
    Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
    De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
    Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

     

     


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